De Paradisio à … Pairi Daiza : où le pari réussi d’implanter le paradis à Brugelette

Pairi Daiza Pour que le Paradis règne ici basC’était un pari risqué. Celui de changer le nom du parc animalier de Brugelette, Paradisio, en Pairi Daiza en mars 2010. Modifier le nom, changer les habitudes, mais surtout augmenter l’expérience visiteurs d’un parc établi depuis seize ans. Le challenge ? Offrir à un public hétéroclite et familial, en terre de Hainaut, un petit bout de paradis, le tout sur fond de dimension spirituelle.

Ce parc végéto-zoo-high-tec situé sur le site de l’ancienne Abbaye de Cambron, dans le Hainaut (Belgique) héberge plus de cinq mille animaux du monde entier. Côté reconstitution des décors (ou plutôt d’importation car tout est « réel), le soucis des détails est impressionnant.

Pairi Daiza

Le charme de l’asie à Brugelette

Comme le confiait Eric Domb, le boss du parc à la Libre Belgique en 2010, au moment de la « mutation » : il faut rechercher « la beauté qui est plus à l’intérieur de nous ». Indéniablement, une féroce envie d’y croire, et une sincérité évidente. Nous sommes loin, très loin, du zoo d’Anvers, avec des animaux gesticulant dans des cages, ou derrière des vitres. D’un point de vue du marketing de l’expérience et de la thématisassions, ce haut lieu situé en Flandre a en effet du soucis à se faire.

Revenons à nos lémuriens, ou à nos sarcoramphes roi. Changer le nom d’une destination touristique, qui plus est en plein essor, était un pari sacrément risqué. Eric Domb l’a fait !

Seize ans plus tôt, Paradisio, c’était plus un parc-produit qu’un parc-expérience. C’était les oiseaux, la volière géante, un zoo new age en quelque sorte. Le souhait d’offrir une expérience globale se faisait pourtant déjà sentir…

Bien être… et réussite à Brugelette

Pairi Daiza

Pairi Daiza

Un grand « jardin » pour lieu de ressourcement … si pas de pèlerinage. L’Asie à votre porte avec le Royaume de Ganesha. Au menu : découverte, bien-être, nature, culture, folklore. Ce n’est qu’une infime partie de l’offre proposée. Il y a aussi le Nautilus, le Mersus Emergo, ou bien encore la Cabinet du Docteur Yu. Au cœur du concept, proposer une dimension supplémentaire dans l’expérience. Chic, et populaire à la fois.

Pairi Daiza c’est un fleuron wallon dans le tourisme et c’est aussi un bel exemple belge de lieu à thèmes qui a réussi. La signification ? Le plus ancien nom désignant le paradis, qui signifie en vieux persan « jardin clos » ou « verger protégé de murs ».

Clairement, le changement de nom veut signifier une transformation : celle d’un simple parc zoologique, plus spécialement ornithologique, muant vers un lieu unique, multi sensoriels, où la nature se retrouve au cœur de l’homme. La thématisation est omniprésente : dans les activités (on ne peut pas véritablement parler d’attractions), les restaurants et les menus proposés, la musique, les jardins. Une sorte d’EPCOT Bio Ethnique.

Malgré une légère baisse de fréquentation, Pairi Daiza frole quand même avec les 630 000 visiteurs pour la saison 2011. Pour la Wallonie, cela en ferait clairement jalouser plus d’un opérateur touristique !

La question à se poser est : est-ce que les visiteurs, et les potentiels visiteurs du parc se sont familiarisés avec la nouvelle appellation ? Ont-ils été déroutés ? l’ont-ils adoptée ? A en juger de la fréquentation, oui, certainement.

Le business model fonctionne. Comme l’année dernière, un dividende de 1,05 euro brut par action et par part bénéficiaire, sera distribué aux actionnaires.

L’avenir ? opération Indonésie

A l’instar de Terra Botanica – le grand parc du végétal situé à Angers (France), et dont nous reparlerons

Pairi Daiza

Pairi Daiza

dans un autre article – les projets d’expansion sont nombreux à Pairi Daiza. L’ambitione st grande, et les attentes sont bien là.

En préparation, la construction d’une grande savane africaine. Située derrière la zone indonésienne, elle proposera un univers vaudou du Togo et du Bénin, avec l’importation de deux authentiques autels d’offrandes construits par un vieux prêtre avec des coquillages et des os humains qui témoigneront de la spiritualité animiste et des rapports des esprits à la nature.

Cette savane sera peuplée de girafes, de rhinocéros, d’antilopes, d’hippopotames, de lions et de guépards.

L’Arctique fera également son apparition grâce à un monde paléo-arctique peuplé de loups, d’ours et de rennes. Cultures eurasienne et amérindienne seront au rendez vous. La reconstitution des civilisations Incas et Maya dans un espace amazonien est également à l’étude.

Plus qu’une simple touche « green », ce nouvel espace démontrera qu’il n’existe pas de biodiversité sans ethno-diversité sur notre planète…

Tout un programme !

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